Les substituts nicotinique

Lorsque l’on décide d’arrêter de fumer, c’est à eux que l’on pense en premier. Ils existent sous forme de patch, de gomme à mâcher, d’inhalateur ou encore de comprimés, et leur utilisation augmente les chances de réussite d’arrêter de fumer de 50 à 70 %.

Depuis le 1er janvier 2019, les traitements nicotiniques de substitution inscrits sur la liste des spécialités pharmaceutiques remboursables aux assurés sociaux sont remboursés sur prescription à 65 % par l’Assurance Maladie. Les officines peuvent désormais pratiquer la dispense d’avance de frais pour ces produits. De plus, cette prise en charge de droit commun n’est plus soumise à un plafonnement annuel de remboursement, et elle permet d’avoir le même prix pour ces produits sur tout le territoire. Enfin, il n’est plus nécessaire que ces traitements figurent sur une ordonnance dédiée comme auparavant.

La liste des substituts nicotiniques pris en charge par l’Assurance Maladie est disponible ici : https://www.ameli.fr/sites/default/files/Documents/441422/document/liste_substituts-nicotiniques_assurance-maladie_2019-02-08.pdf

Comment fonctionne le substitut nicotine ?

Le substitut nicotinique, comme son nom l’indique, compense en partie le manque de nicotine ressenti au cours du sevrage tabagique. En effet, lorsque la nicotine est inhalée avec la fumée, elle passe rapidement dans le sang et le cerveau, créant ainsi une dépendance physique. Lorsque vous arrêtez de fumer, c’est avant tout ce manque que vous ressentez en premier, et génère des effets indésirables tels que l’irritabilité, l’anxiété, le stress ou la fatigue.

Les substituts compensent ce manque en délivrant à l’organisme la nicotine qu’il recevait lorsque vous fumiez, ce qui réduit l’envie l’envie de fumer. Les substituts ne délivre uniquement que la dose de nicotine, mais sans les autres substances toxiques contenus dans la cigarette. Combattre l’addiction de la nicotine par de la nicotine peut paraitre paradoxale, mais il faut comprendre que son pouvoir addictif n’agit pas de la même façon suivant la façon dont elle est délivrée. Avec un cigarette, le pouvoir addictif de la nicotine est principalement dû à sa vitesse d’absorption dans l’organisme, mais avec les substituts, la nicotine est délivré moins rapidement et de façon régulière. Le phénomène de dépendance qui existe avec la cigarette n’existe donc pas avec les substituts nicotiniques.

Pour déterminer quelle quantité de nicotine ces substituts doivent convenir, il vous faut dans un premier temps définir votre dépendance à la cigarette. Sans cette évaluation, vous risquez de prendre un substitut trop faiblement dosé qui n’apportera pas la bonne dose, et par conséquent, vous semblera inefficace, et les chances d’abandon du traitement sont alors trés importantes. Par ailleurs, il n’est pas possible de calculer soit même son degrés de dépendance en se basant sur sa consommation.
Pour le déterminer, vous pouvez utiliser le test de Fagerström qui est disponible dans la plupart des pharmacies, chez certains médecins ou sur Internet, notament sur le site https://www.tabac-info-service.fr/var/storage/upload/Q1_Fagerstrom.pdf. Ce test consiste à répondre à un court questionnaire sur vos habitudes et votre consommation afin de déterminer quel traitement vous est le plus adapté. Avant de commencer un traitement, n’oubliez pas d’en parler à votre médecin qui pourra le valider ou non afin qu’il ne présente pas d’interférence avec un éventuel autre traitement en cours ou si vous présentez une pathologie à risque.

Les différents substituts nicotiniques

Les systèmes transdermiques – timbres ou patchs

Les patchs sont appliqué chaque matin sur la peau et permettent d’administrer une dose de nicotine de manière contrôlée durant une période allant de 16 à 24h. La nicotine est facilement absorbée par la peau et les patchs contiennent des doses variables, allant de 5 mg à 21 mg, ce qui permet de les adapter à l’intensité de la dépendance tout au long du traitement qui dure en général 3 mois.

Les gommes à mâcher

la gommes à mâcher fait partie des formes orales à diffusion rapide. son dosage est de 2 ou 4 mg de nicotine, mais seule la moitié de cette dose parvient à l’organisme quand elles sont bien utilisées. Utilisée seule ou en complément du patch lorsque ce dernier ne parvient à combler le manque, elle compense rapidement la sensation de manque.

La gomme à mâcher peut être prise régulièrement ou dès que l’envie de fumer se fait sentir. Pour que la gomme soient efficace, le nombre consommé chaque jour doit être suffisant, généralement entre 8 à 12 par jour au début du traitement, que l’on peut ensuite diminuer progressivement. Veillez cependant à ne pas dépasser 30 gommes par jour pour les gommes à 2 mg et 15 pour celles à 4 mg. Tout comme les patchs, la dose de nicotine est diffusée lentement ce qui réduit les risques de développer une dépendance.

Il conviendra là encore de consulter son médecin traitant avant de commencer le traitement, certains effets indésirable comme les troubles du sommeil ou l’augmentation de la fréquence cardiaque peuvent être des facteurs important à prendre en compte.

Les comprimés sublinguaux ou à sucer

Destinés pour les fumeurs faiblement ou moyennement dépendants avec un score ne dépassant pas 6 au test de Fagerström, leur dosage est de 2 mg de nicotine en sublinguaux et entre 2 et 4 mg pour ceux à sucer. Leur action est très rapide et agissent en moyenne entre 2 et 3 minutes.

Pour les comprimés sublinguaux , la posologie en début de traitement se situe entre 8 et 12 comprimés par jour si vous êtes peu dépendant et pourra monter entre 16 et 24 comprimés pour les plus dépendant. Le dosage sera ensuite diminué progressivement sur une durée pouvant varier de 2 à 3 mois.

Les comprimés de nicotine présentant eux aussi des effets indésirables important comme les insomnies, brûlures de la bouche, augmentation de la fréquence cardiaque ou encore brûlures d’estomac, il est important d’en parler avec son médecin avant de commencer le traitement.

L’inhalateur

Moins connu que les autres substituts, l’inhalateur libère progressivement de la nicotine dans le sang. Le dosage doit être adapté suivant sa dépendance, une cartouche correspond à quatre cigarettes et permet de pratiquer environ 4 inhalations d’une durée de vingt minutes chacune au maximum, et chaque bouffée permet d’absorber environ 5 mg de nicotine.

L’inhalateur présente cependant quelques inconvénients :

  • De par son format, il n’est pratique à utiliser, particulièrement sur son lieu de travail
  • Les séances sont longues et la nicotine diffusée met plus de temps à agir que les autres substituts. L’envie de fumer ne disparaît pas rapidement, il faut attendre un peu.
  • La durée du traitement varie entre 9 et 12 mois sachant qu’il est conseillé d’utiliser l’inhalateur à chaque fois que l’envie de fumer se fait sentir pendant environ trois mois en début de traitement.