Comprendre pourquoi certaines méthodes ne fonctionnent pas

Nous sommes tous différents

Si la solution du substitut nicotinique semble être celle qui donne de meilleurs résultats parmi les méthodes officielles, les chiffres donnés sur le site tabac info service (https://www.tabac-info-
service.fr/Vos-questions-Nos-reponses/Chiffres-du-tabac) restent cependant modestes.

Le site indique qu’il « considère que seuls 400 000 à 500 000 fumeurs sur les 16 millions en France arrêtent de fumer pendant au moins 1 an », sans préciser cependant par quel moyen. Sachant que le plus difficile étant justement de passer la première année, combien de personnes arrivent à 5 ans ? Et combien sont-elles parvenues à rester éloignées du tabac au bout de 10 ans, période où l’on peut médicalement commencer à considérer être définitivement sorti du tabagisme ? Mystère…

Ce qui rend la méthode du substitut nicotinique parfois inefficace est qu’elle ne répond qu’à une partie du problème qu’engendre le tabagisme : l’addiction à la nicotine. Cependant, la nicotine n’est pas le problème de santé le plus important de la cigarette si on la compare aux quelques 4 000 autres substances qui la compose : acide cyanhydrique, ammoniac, arsenic, butane, polonium 210, acroléine, acétone, méthanol, benzopyrène, monoxyde de carbone, chlorure de vinyle, goudrons et j’en passe.

La nicotine n’est pas classée comme cancérigène et même si elle est létale pour l’homme, il faudrait en absorber entre 500 mg et 1000 mg, sans la régurgiter, avant qu’elle ne provoque un décès.

En fait, pour combattre réellement le tabagisme, il faut également comprendre en quoi le fumeur trouve un certain plaisir ou réconfort au travers son utilisation. Fumer, lorsque l’on commence, n’est pas réellement quelque chose que l’on fait avec le plus grand des plaisirs. Le goût est exécrable, ça pique la gorge, ça fait tousser, ça sent mauvais, on met de la cendre partout, et même après son utilisation, l’odeur persiste et n’est pas agréable pour ceux qui nous côtoient. Souvent, le fumeur a débuté pour faire comme les autres, pour se donner une contenance, parce qu’on est un homme, un vrai un dur, parce qu’on est une femme et qu’elles aussi ont les mêmes problèmes ou envies, pour se rassurer ou pour trouver un placebo
face à une situation.

Puis vient l’addiction, l’habitude, le besoin, et on est pris au piège avant de s’en rendre compte pour un certain temps ou toute une vie.

Fumer est également un rituel : la première cigarette du matin après le café, à la pause avec les collègues, après un repas, au moment de l’apéro avec des amis, devant la télé, voir après l’amour… Cela peut-être également un soi-disant plaisir, du moins c’est l’excuse que l’on se trouve, ou également une certaine marque de distinction ou un moyen de lier un contact dans une soirée. Quoi qu’il en soit, l’addiction tabagique est bien réelle, mais ne se résume pas à la nicotine. Le fumeur acquière une gestuelle, le besoin de ressentir une sensation de picotement dans la gorge (appelé « hit ») lorsqu’il avale la fumée et de l’observer lorsqu’il la rejette, quitte même à s’amuser à faire des ronds avec, bref, fumer est un ensemble de sensations associé à un comportement et à un besoin que réclame le corps et l’esprit lorsqu’il y est habitué.

Malheureusement, les méthodes dites « conventionnelles » ne prennent pas en compte l’ensemble de ces paramètres en se concentrant uniquement sur la nicotine. Donc oui, l’addiction à la nicotine est un élément clef à prendre en compte, mais il n’est pas le seul à devoir être traité. Si le patch aide à compenser son pouvoir addictif en espérant que le fumeur s’en contentera pour éviter d’en griller une, c’est faire abstraction de tout ce qui gravite autour de l’acte de fumer et qui fait partie intégrante du processus.